Face à la flambée des prix, ripostons bec et ongles pour nos salaires

Guerre, inflation, catastrophe climatique, risque de récession… Après la crise sanitaire, le capitalisme accumule les fléaux. Macron annonce désormais la « fin de l’abondance et de l’insouciance ». Chaque ministre y va de son « petit geste » pour éviter les coupures de courant cet hiver, et le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, nous invite à enfiler un pull pour baisser le chauffage. Manière toute d’arrogance de préparer l’offensive à venir contre le monde du travail !  

Mais de quelle insouciance parle-t-on ? Celle des riches qui polluent la planète avec leurs jets privés ? Les 10 % les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2 mondiales. Ceux-là obtiennent des dérogations pour arroser leurs golfs en pleine sècheresse ou continuer d’acheter Ferrari ou Lamborghini quand on annonce l’interdiction des voitures thermiques en Europe en 2035.

Qu’importe si la planète brûle, si les inondations meurtrières succèdent à la canicule, particulièrement désastreuses dans les pays les plus pauvres, comme actuellement au Pakistan où elles ont fait plus de 1 300 morts. En France, l’Insee estime que 14 % de la population va connaître au moins vingt journées anormalement chaudes chaque été dans les décennies à venir. Les plus pauvres en subiront les pires conséquences avec des logements mal isolés. Les mêmes qui, en hiver, doivent choisir entre se chauffer ou manger.                                                                                                                                                                         

Centimes pour les uns, milliards pour les autres

Côté abondance, le fromage n’est pas mieux partagé. Salaires et pensions ont fondu, et cela continue, face à une inflation qui atteint déjà 6 % sur un an. Les patrons trouvent toutes les excuses du monde pour monter les prix : invasion de l’Ukraine (mais la hausse de l’énergie avait commencé bien avant !), coûts de transport, pénurie de composants, etc. La réalité est que la hausse des prix alimente directement les profits. Au deuxième trimestre 2022, les grandes entreprises ont encore battu les records de dividendes versés à leurs actionnaires. Dans l’automobile, Stellantis (résultat de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler) a augmenté ses bénéfices de 34 % au premier semestre 2022 par rapport à 2021, alors même que les ventes ont reculé.

Ce n’est qu’hypocrisie quand on entend parler de taxer les superprofits des compagnies pétrolières et du fret maritime. Jusqu’au chroniqueur au journal patronal Les Échos, qui découvrirait que cela « n’a rien d’incongru ni d’anormal a priori ». Si c’est pour accorder de nouvelles baisses d’impôt à l’ensemble des entreprises et tout juste mieux partager les profits entre patrons, la belle affaire ! 

logo du NPA et celui des cheminot du NPA

     

L’urgence est à la hausse des salaires

La préoccupation du gouvernement est surtout d’empêcher une véritable hausse des salaires, d’éviter que le patronat ait à mettre la main à la poche ! Et c’est pour mettre toujours plus la pression sur les chômeurs, les obliger à accepter n’importe quel boulot précaire et sous payé qu’il annonce une énième réforme du chômage.

Le patronat se plaint de la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie, le bâtiment, les bus, le personnel soignant… Qu’il augmente les salaires et améliore les conditions de travail !

Cette hausse des salaires indispensable face au coût de la vie, 300 ou 400 euros au moins pour rattraper leur retard par rapport aux hausses de prix, il faudra l’imposer au patronat. Les travailleurs anglais ont donné l’exemple, avec des grèves massives ces dernières semaines. En France, les grèves, nombreuses mais isolées au début de l’été, celles dans les transports en commun en cette rentrée, montrent que la colère est bien là. Il faut qu’elles se multiplient et s’unissent pour l’emporter.

 Des directions syndicales appellent à la mobilisation le 29 septembre. Saisissons l’occasion pour que ce premier avertissement soit massif. Mais surtout préparons la suite : discutons entre nous et organisons-nous pour frapper tous ensemble le plus fort possible.


6 mains ,differentes en ages et teintes, se tenant par le poignet pour former un cercle
 
Les brèves de la gare

Le char à voile qui protège la forêt ?

Galtier et Mbappé se marrent à l’idée de se déplacer en train. Le gouvernement leur fait la leçon mais refuse d’interdire les jets et envisage de supprimer des trains cet hiver pour faire des économies d’énergie. Pour la bourgeoisie, la planète peut encore attendre… malgré les efforts du PSG pour ne plus voyager à partir des huitièmes de finale…

Logique disruptive:



Pénurie de gaz :

les prix augmentent.


Pénurie de moutarde :

les prix augmentent.


Pénurie de conducteurs  :        pénurie de conducteurs.

Trains supprimés

Après la pénurie de personnel soignant et la pénurie de profs, c’est la pénurie de conducteurs qui a fait la une cette rentrée. Et pas que des conducteurs ! La direction estime qu’il manque 10 % d’effectifs sur le territoire. Pourtant, c’est elle qui est responsable d’avoir supprimé des milliers de postes ces dernières années.

On alerte depuis des années en exigeant des embauches dans tous les services. Pour faire rouler des trains, il faut du monde et des moyens, mais pour ça il va falloir revoir nos conditions de travail et nos salaires à la hausse. La dégradation de nos conditions de travail et de celle de transport des usagers vont ensemble.

Le 29 septembre,

tous en grève pour nos salaires

Les profits battent des records, les prix aussi… Tout augmente sauf nos salaires ! C’est pas à l’Assemblée que ces « super-profits » seront taxés mais dans la rue, dans les grèves : à nous de mener le bras de fer comme les travailleurs anglais pour revendiquer 400 euros de plus par mois pour tous et toutes et des salaires qui suivent automatiquement l’inflation.

Ce n’est pas aux ouvriers de payer la facture de gaz des patrons !

Les verreries Duralex et Arc international ont annoncé du chômage partiel cet hiver. Ces patrons préfèrent cesser la production plutôt que de payer les factures de gaz et d’électricité. 250 ouvriers du Loiret et 1600 du Pas-de-Calais verront leur salaire amputé de 30 % et le reste sera financé par la collectivité. Les actionnaires des grands groupes du verre et de l’énergie auraient pourtant largement les moyens de payer !

« Les chômeurs constituent l’armée de réserve du capital » (Karl Marx)

En étroite collaboration avec les fédérations patronales concernées et à la demande du gouvernement, Pôle emploi constitue depuis la rentrée des « viviers » de chômeurs censés résorber la pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs en tension. Mais il est moins question d’aider les chômeurs que les patrons. Ainsi, le vivier sera surtout constitué de chômeurs récents, de « plus grande qualité » (dixit Pôle emploi) pour les exploiteurs que les chômeurs longue durée. Quant aux chômeurs eux-mêmes, Pôle emploi les menace de radiation s’ils refusent des offres qui ne sont pas pourvues depuis des mois… et pour cause, vu les conditions de travail dégradées et le salaire trop bas qui y règnent.



Royaume-Uni : les syndicats suspendent leurs grèves après le décès d’Élisabeth II

Trois syndicats britanniques ont suspendu leurs grèves pour les salaires à la suite du décès de la reine Élisabeth II. La grève à la Poste a été annulée, les grèves du rail prévues pour les 15 et 17 septembre suspendues, ainsi que les mouvements annoncés par un autre syndicat des transports en septembre au prétexte de « respecter la période de deuil public ». Ces organisations syndicales se saisissent de cette excuse facile pour stopper des grèves qui n’avaient cessé de s’amplifier le mois dernier touchant la poste, les dockers, les chemins de fer et le métro londonien. Le décès de la reine n’empêchera pourtant pas le gouvernement conservateur et le patronat de continuer, eux, leurs attaques contre les travailleurs. C’est un deuil à sens unique

.mail : npa-cheminot-marseille(at)mail.com

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