Derrière les femmes, l’Iran s’est embrasé


Le 16 septembre dernier, une jeune femme de 22 ans, Mahsa Amini, mourait sous les coups de la police des mœurs en Iran. Son crime était d’avoir porté son voile « de manière inappropriée ». Des Iraniennes – dont les images ont fait le tour de la planète – sont aussitôt descendues dans la rue pour enlever et brûler leur voile, symbole de leur oppression et dont le port a été imposé depuis 1983 par un régime islamiste réactionnaire et misogyne. « Femme, vie, liberté », leur slogan et leur combat font écho à d’autres luttes de femmes pour leur émancipation, en particulier pour le droit à l’avortement. D’où les manifestations de soutien dans le monde. Et la lutte des femmes en Iran a sonné le début d’une mobilisation du pays tout entier contre le régime des ayatollahs et des mollahs.

Dès le lendemain de la mort de Mahsa Amini, tous les commerces ont été fermés au Kurdistan, sa région natale. La mobilisation a pris instantanément un tour politique : des Iraniens et Iraniennes ont exigé la chute de la république islamique : « Mort à la dictature ! »En quelques jours, les rues de 100 villes du pays ont été envahies, et tous les symboles de l’oppression et du régime ont été ciblés : portraits du guide suprême Khamenei, panneaux de propagande, banques, commissariats, préfectures, beaucoup sont partis en fumée. C’est que ce meurtre est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des oppressions sexistes mais plus largement de la paupérisation et de l’exploitation de classe.

Le pays traverse une période d’inflation bien plus violente qu’en Occident en raison des sanctions économiques que les États-Unis et l’Europe imposent au pays. Ce qui n’empêche que les réactionnaires religieux au pouvoir gouvernent au profit d’une bourgeoisie avide de profits et ennemie farouche des classes populaires. Les salaires des ouvriers comme des ingénieurs ne sont pas toujours payés. L’inflation atteint les 60 %.

Après plusieurs jours de révolte, la détermination contre le régime et sa police est toujours là, surtout dans la jeunesse. L’État voudrait faire taire la contestation par tous les moyens : coupures d’Internet, simulacres de manifestations pro-régime mais surtout accentuation de la répression. La police tire sur les manifestants et on compterait plus de cinquante morts.

Mais la mobilisation continue et prend un tour politique : « À bas l’oppresseur, qu’il soit mollah ou shah », entend-on partout (le shah étant le tyran, ami des Occidentaux, qui a été déboulonné en 1979, et remplacé par le régime des ayatollahs). Des démocrates bourgeois attendent leur tour, la situation politique est ouverte et elle est explosive. Le pays a une tradition de grèves et compte des militants déterminés malgré la dure répression. Il est question de grève générale.

Une situation scrutée de près par les dirigeants impérialistes de la planète, car elle présente bien des points communs avec d’autres pays frappés par l’inflation, qui pourraient eux aussi s’enflammer. Une crainte pour eux et un espoir pour nous.

 

Salaires, indemnités de chômage, retraites : ne nous laissons pas faire !

Les grandes entreprises battent des records de profits, y compris là où l’activité recule. C’est la principale source de la hausse des prix : bénéfices et dividendes reversés aux actionnaires sont dopés par les spéculations et pénuries provoquées par la désorganisation de l’économie mondiale. Cette inflation est une politique des classes dirigeantes, pas une fatalité économique. Macron au service des patrons est en guerre contre nos salaires. Il nous parle de primes défiscalisées, mais nous avons besoin d’augmentations d’au moins 400 euros pour tous, que nos salaires soient indexés sur les prix et pas inférieurs à 1 800 ou 2 000 euros mensuels. Macron relance par ailleurs son projet de recul de l’âge de départ en retraite à 64 ou 65 ans, sous prétexte de caisses vides alors qu’elles seraient remplies si les salaires étaient augmentés et le chômage résorbé.

CGT, FSU et Solidaires nous appellent à la grève jeudi prochain, 29 septembre.

Manifestation à 10h aux Réformés

Soyons nombreuses et nombreux en grève et dans la rue !

Aux Pays-Bas aussi, les cheminots en grève

Après le Royaume-Uni, c’est aux Pays-Bas, où l’inflation devrait atteindre 10 % cette année, que le transport ferroviaire était paralysé mardi 30 août. Cette grève était la quatrième journée organisée. Mais d’autres pourraient suivre, les négociations étant « au point mort ». Les cheminots revendiquent des hausses de salaire et des embauches contre le sous-effectif chronique. À croire que les problèmes sont les mêmes partout… et la solution aussi !

En Angleterre, aux Pays-Bas ou en France, ce n’est que par la grève que nous pourrons nous en sortir face à l’inflation et aux offensives patronales


 logo Brèves de Gare

« Pénalisée par ses petits salaires, la SNCF peine à recruter »

C’est le titre d’un article du journal Le Figaro, pourtant à parti pris patronal.

dessin de macron chargeant un boulet dans un canon marqué 49.3; écrit en dessous : reforme des retraites: le gouvernement commence déjà à defendre l'utilisation du 49.3

Mais rassurons-nous « L’abandon du statut n’est pas un frein», assure dans ce même article Catherine Woronoff-Argaud, responsable nationale du recrutement. « Les candidats ne nous en parlent pas. » On se doute que des candidats pour un poste ne vont pas revendiquer un statut qui n’existe plus.

Pareilles stupidités feraient rire si ce n’était pas nous qui pâtissions du sous-effectif.

La SNCF prépare le terrain pour augmenter les prix des billets

Le PDG de la SNCF commence à répéter une petite musique qui n’annonce rien de bon : avec l’augmentation des prix de l’énergie, elle va sûrement « devoir » augmenter le prix des billets.

Ce qu’il oublie de dire, c’est que la SNCF a fait un bénéfice net de 928 millions d’euros pour les six premiers mois de 2022.

Total et Qatar : il y a de l’argent dans le gaz

Des ouvriers morts par milliers pour construire des stades de foot ? Des femmes aux droits quasi inexistants ? La multinationale de l’énergie ne s’embarrasse pas de telles considérations : elle vient de signer un nouvel accord de plusieurs milliers de dollars avec l’émirat pour l’exploitation d’un immense champ gazier.

Birmanie, Russie, Qatar : Total et les régimes autoritaires, une histoire d’amour qui dure.

94 migrants se noient au large de la Syrie

Des dizaines de migrants – principalement syriens, libanais et palestiniens – se sont noyés au large des côtes syriennes. Le ministre de la Santé syrien, Hassan Al-Ghoubach, a établi un bilan temporaire de 94 personnes décédées et 20 admises à l’hôpital de Tartous, une ville située sur la côte. L’embarcation était partie de Minieh, une agglomération située dans le nord Liban, pour tenter de gagner Chypre. Un drame qui s’ajoute aux dizaines d’autres qui se sont produits dans cette zone depuis le début de l’année

 Le droit à l’avortement toujours menacé

Après la décision en juin dernier de la Cour suprême américaine de ne plus faire de l’avortement un droit constitutionnel, de nombreux États américains l’ont rendu illégal ou multiplié les entraves à sa pratique. Ainsi l’Arizona vient d’annuler les lois existantes, revenant à une législation de 1864… L’exemple américain illustre une situation internationale où réactionnaires et religieux de tout poil continuent de vouloir diriger la vie des femmes.

Soyons donc nombreuses et nombreux, partout en France, à descendre dans la rue mercredi 28 septembre, journée internationale du droit à l’avortement, pour dire que le droit des femmes à disposer librement de leur corps n’est pas négociable !

Rendez-vous mercredi 28 septembre à 18h30 sous l’Ombrière



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Face à la flambée des prix, ripostons bec et ongles pour nos salaires